Le nom évoque la foule ? C’est qu’on vous l’a montrée au mauvais moment. En contre-saison, la lagune redevient une ville où l’on vit.
Je propose Venise presque toute l’année, sauf en plein été (juin, juillet, août) et pendant le carnaval. Brume sur la lagune, calli désertes, lumière basse. La ville cesse d’être un musée bondé pour redevenir un lieu où l’on prend un café debout au comptoir.
On évite San Marco aux heures de pointe, on traverse Cannaregio et Castello, on s’attable là où aucun menu n’est traduit. Venise comme une habitante, pas comme une excursion.
Savoir quand la lumière tombe, quand l’acqua alta redescend, quel bàcaro sert encore les habitants : voilà ce qui sépare une visite d’un séjour.
Des ruelles sans personne, le clapot contre la pierre, une ombra de vin partagée à la tombée du jour. La ville la plus visitée du monde, rendue intime parce qu’on y vient quand les autres n’y sont pas.